On a enfin trouvé des militants de Cheminade !

Jacques Cheminade, fondateur du parti Solidarité & Progrès n’est pas un candidat à la présidence comme les autres. « Nucléaire citoyen du XXIème siècle », conquête spatiale, création d’un crédit public, sont quelques une de ses propositions étonnantes que l’on peut retrouver dans son programme.

Mercredi 19 avril, peu avant le premier tour, plutôt que de donner un meeting comme l’ont fait ses autres camarades, le candidat de Solidarité & Progrès devait donner une réunion publique place Richebé, à Lille. Mais une bisbille entre l’équipe organisatrice et la maire lilloise aura empêché cet évènement.

Qu’importe ! Armés de notre stylo et de notre appareil photo, nous avons réussi à dénicher deux militants pro Jacques Cheminade. Voici les raison pour lesquelles ils adhèrent à Solidarité & Progrès.

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Antoine, 37 ans, de Lille. Au chômage

« Je connais le mouvement depuis 2008 au moment où il faisait campagne sur le Bretton Woods (un système de stabilisation des monnaies par rapport à l’étalon or qui a permis en 1944 la reconstruction d’après guerre). C’était un an après la crise des subprimes, au moment où le problème de la finance était médiatisé. C’est un argument d’antériorité qui m’a fait rejoindre le mouvement : Solidarité et Progrès alertait déjà sur les risques de dérégulation de la finance depuis les années 1980, les autres ont commencé à s’agiter quand les subrpimes ont éclaté, sans jamais prendre conscience de l’urgence de l’action.

Cheminade défend un projet contre la finance, il n’y a qu’à juste voir les œuvres des gouvernements successifs depuis 40 ans pour comprendre. En 2012, Hollande avait dit « mon adversaire est le monde de la finance », mais contre la crise, il n’y a pas eu d’action. Cheminade quant à lui propose une porte de sortie et souhaite mettre en place une vraie initiative : un nouveau Glass/Steagall (d’après la loi Banking Act de Roosevelt de 1933, séparation des banques de crédit des banques spéculatives, qu’on n’aurait plus à renflouer au détriment des peuples en cas de pertes).

Les deux mesures de son programme qui me parlent le plus sont le projet ‘’Transaqua’’ qui favorise le développement économique, et le projet ‘’El Sistema’’ dont il s’inspire, qui favorise le développement culturel.

– le projet « Transaqua », est un projet de développement en Afrique. Il consiste à ré irriguer le lac Tchad. D’ailleurs, c’est le seul candidat à faire le lien entre les problèmes de pauvreté et l’essor du terrorisme. De nos jours, les seules réponses au terrorisme semblent être la répression et la moralisation, on ne s’intéresse pas aux causes.

– l’expérience « El Sistema », est un projet qui favorise l’apprentissage d’instruments de musique au Venezuela. Il s’agit en fait de remplacer les armes par l’expression artistiques. Il y a donc un lien entre la culture et la paix.

Les autres candidats ? Beaucoup ont de bonnes idées. Le problème de la finance n’est pas assez développé dans certains programmes. Mélenchon évoque dans son programme la loi d’autonomisation de la Banque de France de 1973 et pour moi, c’est le début de la dérégulation. C’est écrit dans son programme mais il n’en parle pas. Asselineau parle des lobbys, de la sortie de l’Union Européenne mais tant qu’un Etat ne contrôle pas la monnaie, c’est la monnaie qui contrôle l’Etat. Lui aussi ne pose pas assez le problème de reprendre le contrôle de la monnaie sur les banques.

Fillon est culotté et audacieux de ne pas se retirer de la campagne. Il avait lui-même dit que s’il était mis en examen, il retirerait sa candidature à la présidentielle. La proximité de la finance avec Macron m’inquiète. Et Le Pen, est un pur produit du système. En terme de social libéralisme, elle n’est pas différente des autres. En plus de ça, elle joue la carte du choc des civilisations en attisant les haines.  »

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Arnaud Bels, 23 ans, en formation plombier chauffagiste. Lille
« J’ai connu Jacques Cheminade alors que j’étais en école de commerce et développement à Lyon. J’ai fait des stages au Pérou, en Bolivie… où on s’intéressait à ce qu’on appelle le micro-crédit. Là-bas je lisais le « Voyage à motocyclette » qui raconte le périple de Che Guevara. J’ai fait de l’humanitaire dans une organisation, j’étais auditeur financier. Là-bas, j’ai vu comment ça se passait pour l’Afrique : des appels d’offre de l’UE, du mécénat à 56 %… Tout ça ne permet pas d’investir de l’argent là où il serait vraiment utile. L’Afrique n’est donc pas aidée, mais tenue par les ONG, le Franc CFA, le FMI…
Il y a un vol de souveraineté. Le politique américain Henry Kissinger affirmait dans un document confidentiel de 1974, que les Etats-Unis empêchaient un certain nombre de pays d’Afrique et d’Asie de se développer, sur le plan démographique, technologique sous peine de remettre en cause l’hégémonie américaine. C’est malheureux, on empêche l’être humain de se développer !

Plus tard, j’ai découvert Pierre Mendès France, et la séparation des banques. Comme il était à l’aménagement du territoire, il a développé une économie dirigée contre le hasard et la spéculation financière.

Le peuple et ses travailleurs doivent avoir le contrôle sur leur émission de monnaie, pour pouvoir aménager son territoire, et s’entendre avec les pays voisins pour des projets à une échelle continentale. Sans oublier les grands projets de l’humanité ! L’exploration spatiale, la maitrise et la dépollution des océans, le développement d’une Afrique souveraine.
Le problème dans la politique française, c’est que certains (Mélenchon, Asselineau) disent des  choses bien, mais je m’étonne de ne pas les voir faire des grands discours sur cette loi de 1973. Il faut que le peuple, plutôt que les banques privées, puisse battre monnaie. Il va donc falloir les pousser ! Les rendre plus courageux, c’est le rôle de chaque citoyen, y compris chez les possibles futurs électeurs trahis de Mélenchon.

Les BRICS se sont réunis au Brésil en 2014 pour un développement mutuel, ils ont crée BAI ; une banque asiatique d’investissement en infrastructure. C’est à l’opposé du FMI, basé sur la dette, l’austérité. Là, on revient au giga-crédit, au développement. Ce qui compte, pour moi, c’est l’accroissement de la condition humaine.  »

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